KIDS

Material Dad, chronique de la vie de papa

19 Juin 2015

41 ans, papa d’un garçon de 4 ans, bientôt confronté à l’émotion du poème récité par cœur au moment de m’offrir le cadeau de la fête des pères confectionné à l’école. Ma première. Larmes programmées dimanche 21 juin matin au réveil.

 

material dad

 

Étant Dj et rédacteur, mes horaires sont quelque peu aléatoires comparés à ceux de ma femme avec son travail de grande dame des affaires. Ses réveils sont plus toniques, les nôtres un peu moins (au départ). Ce qui nous amène à la bénédiction quotidienne du câlin du matin où elle me dépose – avant de filer sous la douche – le petit renard avec ses yeux mi-clos dans le lit. Instantanément, il se blottit contre moi et je lui parle alors de nos journées respectives pour un réveil en douceur. Cinq minutes de bonheur béat en apesanteur, avant de l’habiller et prendre le petit déjeuner en famille et en musique. Cette dernière rythme d’ailleurs tous nos repas avec un album d’un artiste différent à chaque fois. Il a régulièrement le droit de choisir le disque dans la pile à écouter, je l’incite à observer les détails des pochettes. L’avantage d’avoir une collection imposante.

Ce qui nous amène à une autre occupation favorite père fils : dénicher disques, livres et jeux vintage en vide greniers. Il a déjà sa platine vinyl dans sa chambre et collectionne les Disney contés par des acteurs francais fantastiques (Deneuve, Noiret, Rochefort…) mais également les disques d’histoires étranges et rigolotes aux pochettes farfelues comme il s’en gravait plein auparavant. Il peut passer des heures à écouter ses disques allongé sur son lit à feuilleter le livret du 33 tours avec les images. Son attention est évidemment décuplée comparée à celle devant un dessin animé.

 

material dad disques

 

Autre activité à laquelle je tiens, le rendez vous trimestriel chez Alex le coiffeur. Il est aussi fier d’y aller que moi de l’y emmener. Coiffeur Barbier traditionnel, assurément le meilleur de Paris, Alex est tatoué et a une grosse voix (tous ses clients encore plus). Il est, je crois, le seul très jeune enfant accepté au salon. Si tous les clients viennent pour une coupe fifties ou sixties irréprochable, Tiago a le droit à une coupe de petit ange espiègle inspiré des Beatles. Je suis persuadé que ces rendez-vous haut en couleurs et en contraste demeureront gravés dans sa mémoire une fois adulte.

Outre aller regarder le popotin et les petites manies des canards ou faire du tricycle chromé rouge dans les parcs, nous avons tous les deux pris l’habitude de faire des longues marches main dans la main pour traverser Paris à discuter de tout, de rien, de ses copains, ses envies, des rues, des monuments, etc. En vacances, pareil, surtout sur le Camino de la Ronda de la Costa Brava en Catalogne, où nous inventons en chemin des histoires de pirates, de trésors et de fantômes le long de la côte et de ses criques. Avec des pauses régulières pour engloutir anchois de l’Escala et jambon ibérique en quantité déraisonnable. Lui est en pleine croissance, moi moins, mais la marche est là pour éliminer, non?

Si déjà, je ne suis pas loin loin d’avoir les yeux embués en tapant cet article, juste avant d’aller le chercher à l’école, je n’ose imaginer mon état émotionnel dimanche matin face à son premier poème pour la fête des pères.

Joie.

 

Rob, Material Dad // twitter.com/mylifeisacid // soundcloud.com/mylifeisacid