#womenIRL

#WomenIRL : Andrée Deissenberg, Directrice du Crazy Horse

24 Mai 2016

Chaque semaine sur KISS, nous mettons une femme à l’honneur. Audacieuses, pragmatiques, créatives, elles sont chefs d’entreprise, artistes, chercheuses, journalistes (liste non exhaustive), et elles nous inspirent !

Après notre rencontre avec Alice, journaliste de mode et sociologue, voici l’interview d’Andrée Deissenberg, Directrice Générale Création & Développement au Crazy Horse, le mythique cabaret parisien.

RiccardoTinelli@AndreeDeissenberg_and_CrazyGirls

Franco-américaine, Andrée a grandi “dans plein de pays”, et est tombée amoureuse de l’univers du spectacle alors qu’elle n’était encore qu’une enfant. « Depuis toute jeune, j’ai appris à cultiver ma curiosité… et à apprécier des univers où il faut se battre peut-être plus qu’ailleurs ». Elle travaille alors pour le Cirque du Soleil en Europe, puis à Las Vegas… où elle découvre le “cabaret permanent” du Crazy Horse, à qui elle donne un nouveau souffle sous la casquette de Directrice Générale Création et Développement. “C’était une vraie signature artistique, mais avec beaucoup à dépoussiérer”, dit-elle avec les mains. Son ambition : remettre la création au cœur de cet établissement légendaire. Nouvelles technologies, nouvelles danseuses, nouveaux créateurs… son œil et son flair lui permettent de monter les équipes (danseuses, chorégraphes, couturières, professionnels de la lumière et du son) et d’oser les choix artistiques qui font la différence : Dita Von Teese en 2006 puis 2016, mais aussi Arielle Dombasle, Pamela Anderson, Noémie Lenoir ou encore Christian Louboutin… Rencontre avec une sans-culotte aussi visionnaire qu’exaltée !

 

La danse en général, et le cabaret en particulier, une passion ? Votre métier depuis toujours ?

Plutôt le spectacle vivant au sens large ! J’ai toujours été attirée par les arts plus en « marge »… Le cabaret et le cirque, plutôt que l’Opéra et les “institutions”. Je suis un TGV qui va à 2000 km/h, j’aime la créativité qui se renouvelle, je ne me repose jamais sur mes lauriers.

Comment êtes-vous arrivée au Crazy Horse ? Et pourquoi cette maison en particulier ?

En 2006, j’ai découvert le Crazy Horse et sa signature artistique créée et développée par Alain Bernardin, qui était un artiste avant d’être un businessman. Faire évoluer l’héritage, tester les frontières, trouver le juste équilibre entre histoire et innovation, c’est une mission exaltante. J’aime le Crazy car c’est un vrai style à part entière, dans un cadre très intime et sur une toute petite scène. Et chaque numéro, chaque tableau est inspiré de l’actualité, de la société, sans nostalgie “vieux Paris” ou “show pour touristes”.

RiccardoTinelli@legmania

Une réponse aux idées reçues sur féminisme vs cabaret ?

Le Crazy Horse a ouvert dans les années 50, et a joué son rôle pour l’émancipation des femmes. À l’époque, il fallait être drôlement forte et courageuse, pour aller au Crazy. Puis, nos grands-mères ont brûlé leurs soutiens-gorge… et aujourd’hui, nous, nous aimons non seulement en porter, mais en plus on veut qu’ils soient très jolis ! La femme a évolué, le public du Crazy avec, et nous comptons désormais autant de clientes que de clients, dont 50% de Français ! Les femmes comme les hommes viennent chercher un divertissement surprenant, de l’évasion… Et s’encanailler un peu !

Aussi, ici, on joue avec tous les archétypes de la femme. C’est un spectacle très mode et très élégant, tout est dans l’allusion et la subtilité. On peut y aller avec son homme, comme avec ses copines, même (voire surtout), ses copines féministes ! La preuve, Beyoncé herself a demandé à apprendre le savoir-faire de nos danseuses pour son clip “Partition” !

Votre réflexe indispensable de tous les jours ?

Chaque matin et chaque soir, mordre les cuisses de Maxime, un an et demi, mon fils (à croquer) !

Votre look fétiche pour faire simple et malin au quotidien ?

J’ai un look très Ralph Lauren… “Classic with a twist” (classique avec une touche d’originalité). Et je switch toute la journée entre talons et ballerines.

Quelle est votre « routine digitale » ?

Twitter et Instagram (le Crazy Horse est le 1er cabaret français a avoir créé sa page Facebook)… Et plus personnellement, je suis fan du compte Instagram Drawbertson (un artiste qui photographie ses jumeaux) !

Votre secret pour tout mener de front ?

Je mélange tout ! Je n’essaye pas de compartimenter ma vie… C’est devenu impossible pour les femmes aujourd’hui. Ma vie est une grande mare dans laquelle je nage plutôt bien. 😉

Si vous n’aviez pas fait ce métier ?

J’aurais choisi un métier tout aussi riche, pêle-mêle… probablement un métier de communication, dans un contexte international, créatif, tourné vers les autres… Car finalement, faire du spectacle, c’est faire un cadeau chaque soir… C’est offrir et recevoir !

Votre manière de décompresser ?

Le chocolat… et la campagne. J’ai aussi besoin de moments de solitude et de calme.

Votre musique préférée pour vous donner la pêche le matin ?

Pas une musique en particulier, mais des ambiances… j’écoute beaucoup Fip, mais j’ai des goûts très éclectiques, du rap au classique baroque en passant par Jacques Morali… compositeur historique du Crazy Horse, pour qui il a signé « But I’m a good girl », repris par Christina Aguilera dans le film “Burlesque” !

Votre petit plaisir (coupable, ou pas) ?

Les chaussures… surtout les Louboutin. J’en ai un nombre indécent, et pas que des talons… Des Louboutin plates, c’est encore plus chic, n’est-ce pas ?!

Votre icône ?

Je n’en ai pas ! Mais toutes les femmes m’inspirent

Votre devise au quotidien ?

Soyons fous !

Votre prochain défi ?

Faire grandir les danseuses, monter de nouveaux partenariats avec des créateurs créatifs et éclectiques, comme Louboutin. Pourquoi pas Jean Paul Gaultier, Jeremy Scott, Chantal Thomass (il n’y a pas plus Crazy qu’elle !), ou encore David Lynch… À bon entendeur !

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